E. Grandy – J.-Y. Thibaudet
24 Mai2026

E. Grandy – J.-Y. Thibaudet

GRANDE SAISON
CONCERT SYMPHONIQUE

Saison 25/26
Elias GRANDY, Direction
Jean-Yves THIBAUDET, Piano

SAINT-SAËNS, MAHLER
18h00
Auditorium Rainier III, Monaco
K. Yamada – T. Mørk
31 Mai2026

K. Yamada – T. Mørk

GRANDE SAISON
CONCERT SYMPHONIQUE

Saison 25/26
Kazuki YAMADA, Direction
Truls MØRK, Violoncelle

CHOSTAKOVITCH , RACHMANINOFF
18h00
Auditorium Rainier III, Monaco
K. Yamada – G. Shaham
14 Juin2026

K. Yamada – G. Shaham

GRANDE SAISON
CONCERT SYMPHONIQUE

Saison 25/26
Kazuki YAMADA, Direction
Gil SHAHAM, Violon
Autres artistes

TCHAÏKOVSKY, BEETHOVEN
18h00
Auditorium Rainier III, Monaco
Récital Arcadi Volodos
17 Juin2026

Récital Arcadi Volodos

GRANDE SAISON
RÉCITAL DE PIANO

Saison 25/26
Arcadi VOLODOS, Piano
SCHUBERT, CHOPIN
CHANGEMENT DE PROGRAMME
19h30
Auditorium Rainier III, Monaco
La La Land en ciné-concert
21 Juin2026

La La Land en ciné-concert

GRANDE SAISON
CINÉ-CONCERT SYMPHONIQUE

Saison 25/26
Projection du film de Damien Chazelle
Esin AYDINGOZ, Direction

MUSIQUE DE JUSTIN HURWIRTZ
15h00
Grimaldi Forum, Monaco
Sirba Octet
26 Juin2026

Sirba Octet

GRANDE SAISON
MUSIQUE TRADITIONNELLES

Saison 25/26
SIRBA OCTET
20h00
Salle Garnier - Opéra de Monte-Carlo, Monaco
Musique de Chambre
28 Mai2026

Musique de Chambre

HAPPY HOUR MUSICAL
Saison 25/26
Solistes de l'OPMC
BORODINE, PROKOFIEV, CHOSTAKOVITCH
18h30
Auditorium Rainier III, Monaco
Musique de Chambre
10 Juin2026

Musique de Chambre

HAPPY HOUR MUSICAL
Saison 25/26
Solistes de l'OPMC
DE SABATA, SCHREKER, ABBIATE, MASSENET, SAINT-SAËNS
18h30
Auditorium Rainier III, Monaco
Philippe Jordan
9 Juil2026

Philippe Jordan

CONCERTS AU PALAIS PRINCIER
Saison 25/26
Philippe JORDAN, Direction
MAHLER
21h30
Cour d'Honneur du Palais Princier, Monaco
Simone Young & Pablo Ferrández
12 Juil2026

Simone Young & Pablo Ferrández

CONCERTS AU PALAIS PRINCIER
Saison 25/26
Simone YOUNG, Direction
Pablo FERRÁNDEZ, Violoncelle

MENDELSSOHN, ELGAR, MOZART
21h30
Cour d'Honneur du Palais Princier, Monaco
Charles Dutoit & Martha Argerich
26 Juil2026

Charles Dutoit & Martha Argerich

CONCERTS AU PALAIS PRINCIER
Saison 25/26
Charles DUTOIT, Direction
Martha ARGERICH, Piano

DE FALLA, PROKOFIEV
21h30
Cour d'Honneur du Palais Princier, Monaco
Juraj Valčuha & Sayaka Shoji
30 Juil2026

Juraj Valčuha & Sayaka Shoji

CONCERTS AU PALAIS PRINCIER
Saison 25/26
Juraj VALČUHA, Direction
Sayaka SHOJI, Violon

BERNSTEIN, SIBELIUS, PROKOFIEV
21h30
Cour d'Honneur du Palais Princier, Monaco
Martin Rajna & Zoltán Fejérvári
2 Août2026

Martin Rajna & Zoltán Fejérvári

CONCERTS AU PALAIS PRINCIER
Saison 25/26
Martin RAJNA, Direction
Zoltán FEJÉRVÁRI, Piano

BEETHOVEN, DVOŘÁK
21h30
Cour d'Honneur du Palais Princier, Monaco
Kazuki Yamada & Alexandre Kantorow
6 Août2026

Kazuki Yamada & Alexandre Kantorow

CONCERTS AU PALAIS PRINCIER
Saison 25/26
Kazuki YAMADA, Direction
Alexandre KANTOROW, Piano

LISZT, RAVEL
21h30
Cour d'Honneur du Palais Princier, Monaco
La Dame aux camélias – Ballet de l’Opéra National de Paris
19 Juil2026

La Dame aux camélias – Ballet de l’Opéra National de Paris

LES BALLETS DE MONTE-CARLO
AUTRES DATES

Saison 25/26
Vello PÄHN, Direction musicale
John NEUMEIER, Chorégraphie

CHOPIN
19h30
Grimaldi Forum (Salle des Princes), Monaco
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Symphonie n°8 en fa majeur, opus 93

Ludwig van BEETHOVEN (1770-1827)

– Allegro vivace e con brio
– Allegretto scherzando
– Tempo di Menuetto
– Allegro vivace

 

« Une petite symphonie » disait Beethoven de sa Huitième, se référant sans doute à ses dimensions relativement modestes après l’impressionnante Septième. Une petite symphonie ébauchée avant cette dernière, mais achevée quelques mois après, à Linz en octobre 1812, et de nouveau liée à elle pour sa création, le 27 février 1814 à Vienne.

 

Au programme donc, les deux symphonies, un trio pour soprano, ténor et basse, et « La Bataille de Vittoria » composée en 1813. D’où, peut-être, l’accueil un peu tiède du public, tant il est vrai qu’elle pouvait, si l’on se réfère au compte rendu de Schindler, sembler écrasée par les deux grandes œuvres qui l’accompagnaient : « Quiconque peut imaginer une assemblée de 5000 auditeurs, à la gaieté accrue par la commotion des événements récents sur les champs de bataille de Leipzig et de Hanau, mais conscients également de la grande valeur de l’art offert pour leur plaisir, aura une idée de l’enthousiasme manifesté par cette vaste compagnie d’amateurs d’art. Les explosions de joie pendant la Symphonie en la majeur et la Bataille de Vittoria (…) dépassèrent tout ce qu’on avait entendu jusque là dans une salle de concert ».

 

Moins visionnaire que la Septième, la Huitième symphonie de Beethoven ne lésine pas pour autant sur les effets dramatiques. Ainsi, au terme du premier mouvement, après un saillant accord noté fff – dissonante septième diminuée avec quinte altérée –, l’évanouissement de l’orchestre sur un dernier accord longuement répété. Ainsi encore l’utilisation presque abusive des cadences dans le finale, fortissimo moins trivial que satirique, empruntant aux piètres musiciens leur incapacité à finir autrement que par le martèlement d’une tonique conclusive. Beaucoup plus ambitieuse que celle d’origine, cette coda était un merveilleux appel aux applaudissements, traduisant l’ironique envie de poursuivre – « non je ne finirai pas, non je ne finirai pas… » – et insistant en fait sur la sensation même de conclusion : « J’ai fini, j’ai fini, j’ai fini ! ». Fallait-il penser à ce point à l’auditeur qui n’aurait pas perçu les limites extrêmes du développement ? L’antagonisme entre dénouement et inachèvement était en fait préparé dès le thème initial, par sa façon de se briser prématurément sur des modulations inattendues après des sforzandi eux-mêmes ressassés, et par son ultime temps de deux mesures, retour trop rapide pour faire fonction de véritable coda, mais donnant néanmoins l’envie que tout cela recommence. Il était annoncé dès les premiers instants et cette manière d’attaquer la ligne mélodique avec un simple accord, d’abandonner toute autre forme d’introduction, comme si ces mesures n’étaient pas les premières ; l’auditeur aurait pris le train en route, et sa surprise n’en est que plus grande lorsque ce train s’emballe pour ne plus s’arrêter.

 

De tout cela, l’explication se trouve peut-être dans le deuxième mouvement, Allegretto scherzando dont le thème appartient aussi à un canon dédié à Johann Nepomuk Maelzel*. Le texte de cette petite farce musicale caractéristique de Beethoven ? « Ta-ta-ta (etc), mon cher Maelzel, ta-ta-ta (etc), en avance sur son temps, ta-ta-ta (etc), adieu, triste adieu, ta-ta-ta (etc), grand, grand métronome, ta-ta-ta (etc). » On comprend bientôt le sens d’un tel commencement sans début et d’une conclusion sans fin. Car si le célèbre inventeur du métronome avait en partie plagié la découverte de Diederich Nicolaus Winkel (premier à avoir imaginé une mécanique satisfaisante pour résoudre les problèmes techniques des pendules à vitesse variable depuis les représentations d’Etienne Loulie en 1696), c’était bien à lui que Beethoven devait ses cornets acoustiques et systèmes d’écoute raccordés au piano pour pallier à son audition déficiente, devait l’organisation, le 8 décembre 1813, de la création de la Septième et de La bataille de Vittoria, et finalement cette nouvelle appréciation du temps musical. Son enthousiasme pour le métronome avait été immédiat : « Qu’y a-t-il de plus absurde que Allegro, qui signifie une fois pour toutes joyeux, alors que nous sommes souvent si éloignés du sens de cette indication, de telle sorte que le morceau lui-même dit le contraire de l’indication. (…) quant à moi, j’ai imaginé depuis longtemps renoncer à ces appellations absurdes Allegro, Andante, Adagio, Presto; le métronome de Maelzel nous en donne la meilleure occasion. »

 

Certes, Beethoven aurait encore rappelé que le métronome n’est pas plus utile à celui « qui a un sentiment juste » qu’à celui « qui en est dépourvu », et que le sentiment ne peut en fait s’exprimer tout à fait selon ses degrés. Mais les battements réguliers ponctuant l’Allegretto scherzando ne sont qu’un élément de plus pour confirmer ce mélange de plaisanterie et de réflexion plus sérieuse, un mélange que confirme le menuet classique plus haydnien que beethovenien, d’un classicisme que l’on aurait cru oublié. Gracieuse plutôt que prophétique, légèrement en retrait pour ne pas avoir fait école comme les autres, la « petite » Huitième étonne. Son charme et son naturel lui sont bien particuliers. Et à ceux qui se demandent encore si, comme Maelzel, elle était en avance ou en retard sur son temps, sans doute faut-il répondre que cela n’a aucune d’importance, que dans cette ambiguïté se trouve précisément sa signification.

 

* A Maelzel, Beethoven offrit notamment La victoire de Wellington, conçue spécialement pour un de ses instruments mécaniques, le « panharmonica » ou « panharmonicon ».

 

François-Gildas Tual

 

Nomenclature orchestrale :
2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 2 cors, 2 trompettes, timbales et cordes.

Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo
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